Film d'Eric Rohmer (1987)
avec Emmanuelle Chaulet : Blanche, Sophie Renoir :
Léa,
Anne-Laure Meury : Adrienne, Eric
Viellard : Fabien,
François-Eric Gendron : Alexandre.
Production : Les films du losange
"L'ami de mon amie" est un de mes films préférés. J'ai été touché par sa justesse de vue, son intelligence, son dénouement malicieux. Voila pourquoi je me permet de lui consacrer cette page toute personnelle.
Eric Rohmer a donné sa définition du cinéma : "Un film ne donne pas à admirer une traduction du monde, mais, par cette traduction, le monde"*, et à l'évidence, il y réussit très bien. Ainsi, il m'est facile de reconnaître dans les personnages de "L'ami de mon amie", des traits de caractère de personnes que je connais. Chaque personnalité est en effet bien définie et crédible. Le réalisme se retrouve dans les situations et dans l'action.
Les personnages sont étudiants ou
jeunes cadres. C'est leur vie sentimentale qui est l'intrigue
du film. Ils tombent amoureux sous des mobiles divers qui ont
traits à leurs caractères, aux perceptions qu'ils ont d'eux
même et des autres, et aux idées qu'ils ont sur le bonheur. Or
ces perceptions et idées ne sont pas forcément justes. Il y a
comme une erreur quand la timide mais volontaire Blanche
voudrait entreprendre la conquête du bel et brillant
Alexandre, alors que celui-ci n'est pas "son genre". De même
tout semble opposer l'exigeante et capricieuse Léa et le
sympathique Fabien qui pourtant forment un couple. Pour qu'il
y ait relation amoureuse, il faut que deux caractères
s'accordent. La quête amoureuse s'accompagne donc d'une
découverte de l'autre et de soi. Mais cette recherche est
difficile. Les personnages procèdent par essais, et les
scrupules s'en mêlent, "l'ami de mon amie, c'est... sacré" se
disent Blanche et Léa, mais l'ami de mon amie n'est-il pas mon
ami ?
Les dialogues ont une place
fondamentale. Les personnages se définissent par ce qu'ils
disent, en particulier ce qu'ils disent à l'un mais pas à
l'autre, et par les mensonges et velléités qu'ils profèrent.
Le cinéaste tire les ficelles de son histoire, et a l'art de
susciter des situations savoureuses. Dans ce sens, on peut
parler de pseudo réalisme, mais le tout reste très cohérent.
L'interprétation (excellente pour les rôles féminins) et la
mise en scène trahissent l'état d'esprit des personnages.
L'auteur utilise aussi la géographie pour suggérer les
distances sentimentales, il faut à Léa une paire de jumelles
pour observer son ami, et une boucle de l'Oise vient entourer
Blanche et Fabien... Grâce à un art qui combine dialogues et
mise en scène, Rohmer parvient à nous faire comprendre les
désirs, les sentiments, les scrupules, les frustration et
l'enjeux des relations sentimentales de ses personnages.
En définitive, c'est à la fois une étude psychologique et un éclairage sur nos moeurs. Rien n'est simple : incompatibilités de caractères, espoirs déçus, chaque personnage se cherche, parfois douloureusement. Mais le film témoigne d'une foi en l'homme, et le dénouement mêle malice et bonheur. Aussi, je peux ajouter que toute critique est subjective, et que si j'ai tant aimé ce film, c'est qu'il trouve des échos en moi.
Le 26/04/1999
* Citation trouvée sans indication d'origine dans "Le cinema - grande histoire illustrée du 7ème art", édition Atlas, 1982, p 1907.
.L'envers du décor révélé par Emmanuel Chaulet dans son livre "A Balancing Act: The Development of Energize! a Holistic Approach to Acting". Comment E. Rohmer obtient ce jeu "naturel" et la déprime consécutive de l'actrice...
Je viens de découvrir la bande annonce du film sur DailyMotion.
Une critique avisée d'un cinéphile sur son blog perso : "Avis sur des films"(/films.nonutc.fr)
Une excellente critique parue sur le site DVDrama. Le film y est qualifié de chef-d'oeuvre, on y loue le jeux des acteur, la rigueur psychologique et surtout l'originalité du personnage de Blanche qualifié d'alliage parfait de la chair de l'esprit et de l'âme !
Des critiques de presse lors de la sortie du film, reprises dans la revue "L'avant scène cinéma".
La fiche de MonsieurCinema.com
La meilleure critique à mon goût : Celle de Nick Bornoff pour le Japan Times, coupure de presse trouvée sur le site de Francois-Eric Gendron.
Une critique de James Berardinelli, qui me plaît assez bien.
Une critique du Chicago Sun Times:
Roger
Ebert's
reviews
qui tend à voir le film comme une observation de la jeunesse
matéraliste des années 80. Je ne suis pas d'accord.
Der Magiers
Homepage
Après une une petite introduction, un résumé et quelques
photos du film. Et par la magie du web, en voici une traduction.
Une biographie,
des citations
de
Rohmer, et une analyse
intéressante
de son oeuvre sur cinecinema.fr
Une courte biographie par Christophe Train sur www.ecrannoir.fr
Le
site
de Jean-Louis Valero, compositeur de musique d'Eric Rohmer
Des annecdotes, de la musique, des partitions, des affiches,
des photos, etc...
Un groupe de discussion
consacré aux films d'Eric Rohmer
Une
page personnelle de Terry Ballard
Le site d'Emmanuelle
Chaulet. Celle-ci poursuit une carrière liée
à la mise en scène aux USA, et a sa propre compagnie de
théatre : Two Lights
Theatre Ensemble
Le site de Francois-Eric
Gendron qui donne sa biographie, et divers
articles de presse.
Il existe des cassettes VHS de "L'ami de mon amie" que l'on peut trouver en France.
"L'ami de mon amie" ainsi que toute la série des "Comédies
et proverbes" sont sortis en DVD zone 2.
Des DVD de Rohmer à 7,69 ¤ chez Cinestore.
Les dialogues de "L'ami de mon amie" sont parues dans la collection "Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma" : Comédie et proverbes volume II, 1999.